Onchi Kōshirō naquit dans la haute société japonaise : son père était le précepteur de trois jeunes princes, destinés à épouser les filles de l’empereur Meiji. Encouragé par Takehisa Yumeji, il entra à l’École des Beaux-Arts de Tokyo en 1909. Grâce à l’intermédiaire de Yumeji, il obtint un poste de graphiste en 1911. Avec Kyōkichi Tanaka et Shizuo Fujimori, il fonda Tsukubae, une revue mensuelle consacrée à la poésie et à l’estampe. Dès lors, sa carrière prit son envol : il devint l’un des plus importants artistes de hanga ōsaku du XXᵉ siècle ; il exerça une profonde influence sur d’autres artistes (il fut le principal instigateur de l’Ichimokukai, la Société du Premier Jeudi, créée en 1939, une réunion mensuelle d’artistes de hanga), et développa un style qui lui était propre. Outre ses études de figures, il est surtout connu pour son œuvre abstraite. En Occident, son influence profonde sur la conception graphique des livres japonais est souvent négligée : de son vivant, il a conçu quelque 2 000 ouvrages, couvertures, lettrages et mises en page. Il a, à lui seul, établi la norme d’excellence en matière de graphisme japonais. On dit qu’il a dessiné sa dernière couverture quelques jours avant sa mort.