Né à Sydney en 1962, Tom Kristensen, paysagiste de profession, s'est initié à la gravure sur bois, inspiré par l'œuvre de Paul Binnie et par celles du groupe d'artistes du Forum de Baren. Parmi ses autres sources d'inspiration figurent Tokuriki Tomikichiro, Kiyoshi Saito, Koshiro Onchi, Masao Maeda, Umetarô Azechi et d'autres artistes du mouvement Sosaku Hanga. À l'instar de ces derniers, il grave et imprime ses propres œuvres.
Tom Kristensen (1962) Mes parents ont immigré en Australie l'année de ma naissance. Mon père a grandi dans un village de pêcheurs du nord du Danemark. Ma mère a grandi à Düsseldorf, en Allemagne, ville ravagée par la guerre. Ils sont venus se construire une nouvelle vie sur une terre ancestrale. Mon père était architecte et ma mère potière. Artistes dans l'âme, ils ont contribué à la création d'une nouvelle forme d'« école libre », où les enfants étaient encouragés à explorer leur créativité. Mon frère et ma sœur passaient la plupart de nos journées d'école à créer des œuvres d'art et à construire des cabanes dans les arbres. Nos vacances se déroulaient sous des tentes au bord de la mer, et c'est ce paysage que j'aime tant.
Plus tard, j'ai entrepris des études scientifiques à l'université. J'ai obtenu une licence en biologie, spécialisée en botanique et écologie. Mon intérêt pour le monde naturel et mon expérience pratique m'ont rapidement amenée à travailler de mes mains et à retourner au jardin. J'ai consacré une grande partie des vingt dernières années à la création de jardins, petits et grands. Cette activité a été pour moi un exutoire créatif, en parallèle d'une carrière musicale. J'ai toujours ressenti le besoin de combiner mes passions. Dans la gravure de paysages, je parviens à mêler un peu de tout.
Je crois que l'art doit refléter son époque. À l'instar des artistes japonais de l'époque d'Edo qui s'amusaient avec les télescopes et les microscopes, je suis également fasciné par les technologies actuelles. Ma première estampe représentait une catastrophe médicale vue aux rayons X. J'ai ensuite réalisé une estampe d'une image de Saturne prise par la sonde spatiale Cassini. En septembre 2004, j'ai commencé à travailler sur ma série « Île Verte ». Ces images, issues de mes photographies numériques, portent l'empreinte indéniable du traitement informatique. En redessinant le paysage à partir d'un ensemble de formes « filtrées », une nouvelle forme de beauté émerge. Tout en intégrant les nouvelles technologies, j'utilise les méthodes anciennes et les matériaux traditionnels. Trente-six vues seront réalisées à l'aide d'outils japonais, de papier washi de mûrier et de pigments minéraux. Les estampes seront tirées à 25 exemplaires, à partir de 4 à 6 blocs. Chaque vue illustrera un aspect unique de l'île. L'inspiration viendra de l'histoire du lieu, des personnes d'hier et d'aujourd'hui, de la géologie, de la géographie, de l'écologie, de la botanique, de la zoologie, ou encore de l'air marin lui-même. Chaque tirage sera présenté dans une pochette en papier cristal accompagnée d'une brève description de l'image.
J’espère que la série Green Island saura transmettre à la fois la beauté que je perçois dans le paysage et celle que je trouve dans le processus de création des estampes sur bois.